La Néosporose est, avec la BVD, un des agents pathogènes les plus fréquemment identifiés lors des avortements chez les bovins. Le taux de vaches positives (analysées après avortement) est assez stable et proche de 10 %. Cette tendance est confirmée en France et dans d'autre pays, où la Néosporose est même la cause la plus fréquemment diagnostiquée en cas d'avortement. En effet, il est couramment admis que l’implication de Neospora caninum en tant qu’agent abortif est de de 5 à 25 % des avortements selon les pays et les sources scientifiques.

Les avortements surviennent habituellement entre le quatrième et le septième mois de gestation. De plus, une vache infectée peut avorter plus d'une fois d'un foetus infecté de Neospora caninum.

 

Contamination et virulence

Le cycle du parasite Neospora caninum fait intervenir un hôte intermédiaire (assurant la multiplication asexuée du parasite) et d’un hôte définitif (hébergeant lamultiplication sexuée). Une étude réalisée au Québec suggère un rôle du chien dans la transmission de Neospora caninum chez les bovins.

En fonction des connaissances actuelles, le cycle évolutif (voir figures ci dessous) est décrit avec le chien comme hôte définitif, mais aussi intermédiaire et les bovins intervenant en tant qu’hôtes intermédiaires.

En effet, le chien se contamine par ingestion d'avortons, placentas, de carcasses contaminées... puis devien un hôte définitif du parasite. Les bovins se contaminent alors via la contamination fécale des aliments des vaches.

La transmission verticale (de la mère au veau) est également importante dans la diffusion de la maladie. Les veaux issus de vaches infectées naissent souvent eux aussi infectés de Neospora. Chez ces veaux, on observe parfois des signes cliniques neurologiques : difficulté à se lever, paralysie, avec une létalité forte. Toutefois, la majorité des veaux infectés de Neospora ne présentent aucun signe clinique. dans ce dadre, l' élevage de génisses contaminées maintient l'infection dans le troupeau.

Le risque de contamination des pâtures par des ookystes (oeufs) de Neosporaest faible.

Ainsi pour le cycle du parasite Neospora caninu, deux modes de transmissions sont décrits :

  • La transmission exogène : qui correspond au premier mode de transmission donc du chien vers les bovins via l'alimentation.
  • La transmission endogène : qui correspond au maintient du parasite à l'intérieur du troupeau lié à la transmission du parasite de la vache au veau. Les veaux contaminés sont ensuite élevés en génisse de renouvellement.

 

SCHEMA DE CONTAMINATION DE LA NEOSPOROSE

 

 

 

Conséquence économiques

La Néosporose possède un impact économique d'autant plus important en élevage laitier qu'on enregistre des baisses de la production laitière suite à l'infection, mais aussi des retours en chaleur. L’implication de Neospora caninum en tant qu’agent abortif est de de 5 à 25 % des avortements. Ce pourcentage varie très fortement d’un pays à l’autre, voire d’un élevage à l’autre. Les élevages laitiers seraient plus fréquemment et fortement atteints. Le coût de la néosporose vient après celui de l’infection par le virus BVD mais précède celui de la paratuberculose ou de la leucose bovine enzootique.

 

LA LUTTE CONTRE LA NEOSPOROSE

Des moyens de luttes limités

 

AUCUN VACCIN disponible
AUCUN TRAITEMENT ayant prouvé son efficacité préventive ou curative

 

Dépistage de la Néosporose

Le diagnostic s'effectue par une analyse du cerveau de l'avorton (PCR) associée à une analyse sérologique chez sa mère ayant avorté. Un résultat séropositif seul suite à une analyse sérologique n'est pas une preuve de l'implication de Neospora caninum dans l'avortement.

Selon les daprtements, une analyse sérologique est faite à partir de la prise de sang qui est réalisée par le vétérinaire sur la vache ayant avorté. Cette analyse peut entrer dans le cadre des analyses complémentaires réalisées sur les prise de sang d'avortement.

 

Lutte contre la Néosporose

Il n'existe actuellement aucun traitement ou vaccin contre la néosporose. La lutte s'appuie surtout sur une prophylaxie sanitaire offensive. Cette stratégie consiste à éliminer l’agent infectieux responsable ou les animaux qui en sont porteurs :

  • Elimination des animaux positifs
  • Eliminations des veaux issus de mère positive
  • Non mise à la reproduction des femelles séropositives est également une possibilité

Cette stratégie a ses limites essentiellement pour des raisons financières et génétiques, elle n’est pas adaptée aux élevages où une forte séroprévalence est observée car trop coûteuse.

La lutte s'appuie également sur une prophylaxie sanitaire défensive :

  • sérologie à l'introduction pour éviter l'achat d'animaux contaminés (voir ci dessous) ,
  • limitation de la circulation des carnivores sur l'exploitation,
  • protection des aliments et de l'aire d'alimentation,
  • élimination des produits d'avortements.

 

Achat d'animaux : Les GDS recommandent une utilisation systématique d’un billet de garantie conventionnelle

La néosporose ne fait actuellement pas partie des vices rédhibitoires, ce qui obligerait le vendeur d’un animal positif à le reprendre automatiquement. Pour faire reprendre un animal non négatif lors du contrôle d’introduction, il est impératif de signer un billet de garantie conventionnelle entre le vendeur et l’acheteur et de réaliser les analyses dans les délais impartis (dépis­tage virologique réalisé dans les 10 jours suivant la livraison, le vendeur étant averti dans les 30 jours après la livraison en cas de résultat positif). Télécharger le modèle de billet de garantie conventionnelle

Ainsi la principale stratégie de lutte consiste à diagnostiquer l'ensemble des vaches, confronter l'ensemble des résultats avec la généalogie pour déterminer le mode de transmission principal (contamination verticale ou par l'intermédiaire des chiens). (d'après Journel et Pitel (18))

  • Si la transmission est uniquement verticale (hôte définitif non présent = transmission in utero de la mère au veau), on peut envisager la castration de ces femelles, ou le transfert d'embryon pour sauver les bonnes souches.
  • Si la transmission est majoritairement horizontale (vaches positives dont les mères sont négatives contamination de l'aire d'alimentation par les canidés), il faut rechercher les sources d'infection hors des locaux d'élevage, et eviter l'élevage de produits issus de vaches positives

Si l'élevage est atteint, il faut éviter les contacts rapprochés entre les chiens et les bovins pour limiter les risques de transmission horizontale.

La lutte sera donc à adapter au cas par cas et en fonction des spécificités de chaque élevage : En fonction du nombre d'animaux positifs (taux de contamination ou séroprévalence), des aspects financiers (coûts par rapport aux moyens financiers possibles), de la valeur économique et génétique du troupeau et du mode de contamination dominant si il est identifié.

 

 

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