La gale psoroptique du mouton est une parasitose hautement contagieuse. 16Elle est le résultat de l’infestation par un acarien du genre Psoroptes, qui vivent à la surface de l’épiderme, à la base des poils ou à l’abri sous les croûtes, en marge des lésions. Ces acariens provoquent des réactions allergiques qui sont la cause des symptomes : démangeaisons intenses et délabrement cutané marqué.

La gale psoroptique du mouton est présente dans la plupart des pays d’élevage ovins du Monde. P. ovis est un ectoparasite essentiellement des ovins et des bovins, mais peut être également parasite des chevaux. Il n’est en revanche pas parasite de l’homme. Cosmopolite, la gale psoroptique ovine a ainsi des répercussions cliniques, économiques et environnementales considérables. Elle est également dénommée gale du corps, de la toison ou de la laine.

 

Symptômes

 

La période d’incubation de la gale psoroptique varie de deux à huit semaines. De façon typique, dans un troupeau atteint, de nombreux animaux (jusqu’à 90 % des animaux) sont affectés et présentent des démangeaisons et une toison dépouillée. L’infestation peut concerner l’ensemble des zones lainées de l’animal atteint.

Au début de l’affection, les moutons sont nerveux, se frottent les épaules et les flancs contre différents objets, et présentent une toison souillée et des mouvements fréquents de la tête. A ce stade, il n’est pas possible de différencier cette maladie d’autres affections parasitaires. Certains animaux infestés sont même cliniquement tout à fait normaux, et peuvent alors aisément introduire le parasite au sein d’un troupeau indemne.

La toison paraît humide et la laine est décolorée par endroits à force de léchage. Dans les cas plus avancés, les démangeaisons s’intensifient, et de larges portions de la toison commencent à tomber, la peau est à vif, souvent sanguinolente. Les croûtes caractéristiques, écailleuses et jaunâtres, ressemblent à des flocons de maïs et sont observées surtout à la périphérie des lésions. On retrouve des touffes de laine sur les clôtures suite au prurit, qui favorise l’apparition de plaies et d’abcès de surinfection. A ce stade, les animaux commencent à maigrir, on observe des crises épileptiformes. Les animaux s’affaiblissent, et l’état des animaux peut alors rapidement se dégrader vers la mort.

Au sein d’un même troupeau, on observe à la fois des animaux cliniquement normaux et des animaux atteints à des niveaux variables, selon le statut immunitaire et de résistance de l’animal. Après la manifestation de la maladie dans un cheptel, des épisodes cliniques et de guérison apparente spontanée peuvent alors se succéder, au fil des années, des saisons, et de l’apparition de conditions plus ou moins favorables au développement de la population parasitaire toujours présente au sein du troupeau (climat, tonte, maladie intercurrente, carence alimentaire…).

 

Une maladie hivernale

Durant l’été, alors que les conditions de survie du parasite sont peu favorables (temps chaud et sec), la maladie entre dans une phase de latence durant laquelle la peau cicatrise, l’animal se rétablit et paraît à nouveau sain. Cela est dû  en partie à la tonte.

L’apaisement ne durera cependant que jusqu’à l’hiver suivant. Au retour de conditions de survie et de développement plus favorables, c'est-à-dire à la rentrée des moutons en bergerie, dans une atmosphère confinée, humide et chaude, et où les contacts étroits permettent une colonisation aisée de nouveaux hôtes, on observe une recrudescence de la maladie.

 

Une maladie très contagieuse

La gale psoroptique est une parasitose très contagieuse, qui se propage rapidement au sein des troupeaux. La transmission se fait le plus souvent par contact direct, et est facilitée par la promiscuité des animaux dans des troupeaux en général de gros effectif. Après l’introduction d’une population de ces parasites dans un cheptel, l’ensemble du troupeau peut être touché en quelques semaines.

Certains animaux sont porteurs du parasite mais ne présentent pas de symptomes. Ils représentent les principales sources de parasites et sont de véritables« bombes » à retardement s’ils sont introduits dans un élevage indemne.

La contamination ou la transmission sont également possibles indirectement à partir d’objets qui ont été en contact avec les porteurs et donc souillés par des parasites. Les bâtiments d’élevage (litière, enclos, murs…), tout le matériel en contact avec les animaux (matériel de tonte en particulier), tous les éléments du milieu extérieur, comme les clôtures, toutes les zones en contact avec des brins de laine souillés éparpillés par le vent (dissémination passive), les véhicules de transport, sont autant de possibilités de transmission de la gale psoroptique chez les ovins. Il y a également des facteurs favorisant l’apparition de symptomes : les souillures par l’urine et les fèces, la mauvaise hygiène cutanée, sont de véritables sources d’irritation pour la peau et les animaux sont alors plus sensibles.

La contagiosité de la maladie est telle que dans certains départements, un arrêté préfectoral a imposé le traitement obligatoire dans tous les élevages ovins.

 

Est-ce vraiment de la gale psoroptique?

L’identification des acariens est essentielle pour faire la différence d’avec d’autres parasitoses.

 

J’ai de la gale dans mon troupeau, que faire ?

Face à un diagnostic de gale psoroptique dans un troupeau, il est donc déterminant de mettre en place le plus précocement possible un traitement adapté.

Pour les élevages infestés de gale récente ou chronique il est préconisé de prévoir :

  • Deux bains ou douches contrôlés à 14 jours d’intervalle, ou bien deux injections d’endectocide à 8 jours d’intervalle aux doses préconisées par le fabricant (pour tous les animaux même s’ils ne présentent pas de signes cliniques).
  • Une intervention thérapeutique supplémentaire (bain, douche ou injection) dans le courant de l’année
  • Ce protocole de traitement antiparasitaire est associé à l’élimination des « grands galeux » et à la désinfection et désinsectisation soigneuses des bâtiments et matériels d’élevage contaminés, pendant que les animaux sont mis à l’herbe. Un vide sanitaire d’au moins une quinzaine de jours permettrait l’assainissement des locaux contaminés.

Dans les zones où une lutte collective est mise en place, l’ensemble des traitements doit se faire sur une période limitée à 6 semaines pour éviter tous les risques de contamination d’un troupeau à l’autre en raison de l’efficacité limitée dans le temps des produits utilisés.

 

J’ai traité mais ça ne fonctionne pas …

Veillez à respecter les recommandations suivantes qui sont fréquemment la cause des échecs de traitement :

Quel que soit le principe de traitement :

  • Tous les animaux du troupeau ou en contact avec celui-ci (toutes les catégories ou classes d’âge) doivent être traités sans exception le même jour.
  • Les animaux traités doivent être ensuite isolés et maintenus à l’écart des locaux et du matériel souillés, ainsi que d’autres animaux n’ayant pas subi de traitement antiparasitaire afin d’éviter les nouvelles infestations (en particulier pour les produits non rémanents)
  • Les bâtiments et les véhicules de transport où ont séjourné les moutons galeux doivent être traités au moyen d’un acaricide de surface avant d’accueillir à nouveau les animaux traités.

 

Pour les traitements de type externe :

  • Les modes de traitement qui ne permettent pas la saturation de la toison sont à proscrire chez les ovins. Si l’ensemble du corps n’est pas uniformément protégé, ces traitements s’avèrent inefficaces.
  • Il est contre-indiqué de traiter les animaux juste après la tonte, l’insuffisance de suint et de laine ne permettent pas la rétention suffisante de principe actif. Une laine trop longue peut également gêner et limiter la diffusion du produit jusqu’à la surface de la peau. Lors de gales anciennes, les croûtes, la laine feutrée, peuvent par ailleurs être des obstacles à la diffusion du produit.
  • Le manipulateur doit s’assurer que la totalité du corps est imprégné d’acaricide : dans le cas des bains, veiller à immerger suffisamment longtemps les animaux, sans oublier la tête. Dans les cas des douches, surveiller les individus de gabarits différents qui pourraient échapper à une bonne imprégnation de produit. En France, on recommande le plus souvent un bain de trente secondes et des douches de 3 minutes, en évitant de trop serrer les animaux qui seront regroupés en lots de taille identique
  • Recharger régulièrement les bains -en suivant les recommandations du fabricant-, qui s’appauvrissent progressivement en produit antiparasitaire au fil du passage des animaux, afin que la concentration en principe actif soit toujours suffisante et efficace.
  • Eviter de traiter les troupeaux les jours de pluie ou maintenir les animaux au sec afin que d’empêcher la dilution ou le lessivage de la solution acaricide.

Bien qu’avec la plupart des produits une seule application permette de traiter la gale psoroptique du mouton, il est préférable pour pallier certaines défaillances de traiter deux fois à 12-15 jours d’intervalle.

 

Pour les traitements par voie injectable :

  • Réaliser minutieusement les injections sous-cutanées, en veillant à ne pas répandre le produit dans la laine. Préférer pour cette raison la zone située entre les épaules pour cette injection ou les administrations par voie intramusculaire dans l’encolure.
  • Respecter la posologie recommandée en pesant les animaux et en adaptant les doses sur les animaux les plus lourds.

 

Un seul animal oublié ou seulement partiellement traité peut rester réservoir d’une population de parasites et assurer le maintien de la maladie dans le troupeau. Une fois les moutons débarrassés des populations parasitaires initiales, les mesures sanitaires associées au traitement seront déterminantes pour le succès du programme de lutte à long terme et permettrons d’éviter les rechutes.

(source : la gale psoroptique ovine, utilisation de la doramectine, thèse vétérinaire 2004)

 

POUR EN SAVOIR PLUS

Site de l'Ecole Vétérinaire de Lyon.

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