La brucellose ovine et caprine (infection à Brucella ovis exclue) est principalement causée par la bactérie B. melitensis. Elle est très similaire à l’infection bovine à B. abortus. La brucellose est réputée contagieuse sous toutes ses formes (cliniques ou latentes) dans les espèces ovine et caprine.

Les symptômes chez les petits ruminants

La maladie passe souvent inapercue. Elle incube entre 2 semaines et 6 mois. Puis les animaux développent une atteinte génitale.


Les avortements dans les deux derniers mois de gestation touchent 50 à 90% des brebis la 1° année et environ 10% la seconde. L'avortement ne survient habituellement qu'une fois, cependant à chaque gestation, la bactérie envahit l’utérus et se trouve excrétée dans les fluides foeto-maternels. Ces avortements peuvent être suivis de métrites ou de rétentions placentaires. Lorsque la gestation est menée à terme, cette dernière aboutit à la naissance de jeunes faibles ou mort-nés. Certaines brebis auraient tendance à l'autostérilisation dans un délai de 6 mois à 1 an, en période de repos sexuel.


Chez le mâle, la bactérie se retrouve dans les testicules, et provoque un inflammation chez le bouc et le bélier. Parfois on observe une baisse de fertilité.


Comment se transmet la maladie entre les ovins ?

La source de contamination la plus fréquente  est le placenta et les sécrétions vaginales et fœtales rejetées par les brebis et les chèvres lors de l’avortement ou de la parturition à terme. L’excrétion de Brucella est également fréquente dans les sécrétions mammaires et dans le sperme. Le mâle peut jouer un rôle important dans la persistance de l’infection.
L’infection s'étend dans les troupeaux à deux périodes préférentielles : l'époque de la lutte (rôle des béliers et boucs) et la période des mises bas.

 

Le risque pour l’homme

Le Manuel de sécurité biologique en laboratoire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) classe les Brucella (et particulièrement B. melitensis) dans le groupe de risque III.
La brucellose se transmet à l’homme, chez qui elle cause un syndrome fébrile aigu ( la fièvre ondulante) qui peut évoluer vers une forme plus chronique et également induire de sérieuses complications articulaires, cardiovasculaires ou neurologiques.

Comment l’homme se contamine ?
L’infection est souvent liée à une exposition professionnelle : les vétérinaires, les personnels d'abattoir et les éleveurs qui manipulent les animaux infectés et les avortons ou placentas sont les plus à risque. Dans ce cas, la transmission se fait particulièrement par les voies orale, conjonctivale ou respiratoire.
L’ingestion de produits laitiers (lait et des fromages frais non fermentés), surtout lorsqu'ils proviennent de chèvres infectées constitue, quant à elle, le risque majeur pour la population générale.

 

La lutte contre la Brucellose

Prophylaxie (troupeau ovin allaitant)

Le dépistage à l'occasion de la prophylaxie (en introduction pour tous les animaux, quel que soit leur âge; tous les 5 ou 10 ans selon les départements) se fait par une sérologie (Epreuve à l'Antigène Tamponné EAT). Dans le cas des avortements, la prise de sang est obligatoire pour le test de la brucellose (prise en charge par l'Etat de : la visite + prise de sang + analyse Brucellose). De plus, des dépistages complémentaires avec les Laboratoires sont possibles : Chlamydiose, Fièvre Q, Salmonellose, Toxoplasmose... Pour les cheptels sous surveillance (infectés ou en assainissement) : honoraires et frais d’analyse totalement pris en charge par la DD(CS)PP.

Prévention de la Brucellose

Aucun traitement n’est disponible. La vaccination est interdite en France sauf dérogation dans certains départements. La prévention donc est fondamentale.

Protection des troupeaux indemnes passe par :

  • Le contrôle des introductions d'animaux (issus d’élevages indemnes),
  • Contrôle des contacts avec des animaux d’un autre cheptel au pâturage.
  • contrôle sérologique régulier des cheptels.

 

La conséquence principale de la Brucellose étant les avortements, il vous est conseillé, comme pour tout avortement :

  • D’utiliser des gants pour toutes les interventions autour de la mise bas, la Brucellose pouvant être transmise à l’homme (avec des complications possibles chez les femmes enceintes et les personnes immunodéficientes).
  • D’isoler les animaux ayant avorté et de procéder au nettoyage des cases de mise bas (retrait, destruction de la litière souillée et désinfection …).
  • De ne pas laisser traîner et surtout de détruire les délivrances et les avortons. Attention aux chiens, qui en sont friands et qui peuvent contribuer à la persistance et à la diffusion des agents responsables d’avortement au sein de l’exploitation.

 

Règlementation

  • Qualification des cheptels :
  • obligatoire pour commercialiser des animaux destinés à l'élevage, pour obtenir une autorisation de transhumance, pour commercialiser du lait cru ou des produits au lait cru (dans ce cas, un contrôle annuel de tous les animaux est obligatoire), pour les boucs et béliers proposés à la monte publique ou envoyés dans des centres d’insémination et pour les femelles ovines et caprines donneuses d’embryons.
  • Officiellement indemne :
    • Tous les animaux doivent être identifiés
    • Registre d'élevage régulièrement à jour
    • Aucun symptôme de brucellose depuis 12 mois au moins;
    • Aucun animal vacciné contre la brucellose à moins qu'il ne s'agisse, dans les cheptels ovins ou mixtes, d'animaux vaccinés depuis plus de 2 ans dans des conditions réglementaires)
    • Tous les animaux âgés de 6 mois et plus ont fait l'objet de deux épreuves sérologiques par EAT favorables espacés de 6 à 12 mois.
    • Tous les ovins et caprins introduits dans le cheptel sont identifiés et proviennent directement d'un cheptel officiellement indemne (ou éventuellement d'un cheptel ovin ou mixte indemne, à condition de n'avoir jamais été vaccinés contre la brucellose, d'être isolés et soumis dans un délai de 30 jours à un contrôle sérologique favorable par EAT associé à une FC)
    • Contrôle annuel (ou pluriannuel) favorable (EAT) de tous (ou une partie) les ovins et de tous les caprins âgés de plus de 6 mois. Dans les cheptels ovins ou mixtes, les contrôles peuvent cependant porter seulement sur une fraction du cheptel ovin. Dans les cheptels mixtes, tous les caprins doivent être contrôlés annuellement.

 

  • Cheptels infectés :

La confirmation d’une suspicion clinique ou des sérologies positives entraîne la mise en place d'un Arrêté Préfectoral portant déclaration d'infection. Des mesures d’assainissement doivent alors être mises en place.

  • Mesures d'assainissement:
    • isolement et séquestration des animaux brucelliques
    • Contrôle sérologique de tous les ovins et caprins.
    • Contrôle sérologique des autres espèces sensibles de l'exploitation, bovins et chiens.
    • Marquage des ovins, caprins (et bovins) positifs (apposition de la marque O de 20 mm de diamètre à l'emporte-pièce à l'oreille gauche). Si le cheptel a été considéré comme trop infecté, les prescriptions ci-dessus mentionnées s'appliquent à la totalité des animaux.
    • Elimination des animaux marqués dans les 30 jours. Chaque ovin ou caprin éliminé doit être accompagné d'un "Laissez-passer - Titre d'élimination" transmis par le DDSV sur lequel le VS a mentionné le prix d'estimation. Ce laissez-passer permettra le calcul de l'indemnité d'abattage attribuée à l'éleveur.
    • Destruction des enveloppes placentaire, dépôt des fumiers, litières et pailles (dans des conditions propres à détruire les Brucella) à l'écart des animaux, désinfection des locaux

 

Compte-tenu de la taille importante des troupeaux et des particularités de l'élevage ovin ou caprin, un résultat définitif ne peut être espéré que si les conditions suivantes sont réunies:

  • taux d'infection faible au moment du dépistage (c'est-à-dire infection récente),
  • renouvellement fréquent des contrôles (tous les mois par exemple), avec élimination immédiate des positifs,
  • cheptel à l'abri des contaminations exogènes (pas de transhumance, pas d'échange de béliers, etc.).

 

Lorsque ces conditions ne sont pas réunies, notamment lorsque le taux d'infection est élevé au départ, la seule solution efficace consiste à envisager l'élimination en bloc du troupeau.

 

Contrôles d'assainissement et de requalification

  • Après élimination des animaux marqués et désinfection des lieux contaminés, des contrôles sérologiques (contrôles d’assainissement) par EAT et FC sont réalisés à intervalles 6 semaines au moins à 2 mois au plus. Les ovins et caprins nouvellement recensés infectés sont marqués et éliminés comme précédemment.
  • Après 2 contrôles négatifs à 4-6mois d’intervalle effectués après 6 semaines à 2 mois après le contrôle négatif d’assainissement, la requalification du cheptel et la levée de l'APMS sont prononcées.

 

POUR EN SAVOIR PLUS

Fiche OIE sur la brucellose.

Bilan de la surveillance de la brucellose ovine et caprine en 2010.

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